mille désirs

Posted in notes by nananono on Nov 11th, 2008

je vous mets un petit texte que j’ai écrit au retour de cette journée très spéciale du Day of the Dead, qui a eu lieu le 1er novembre… je l’ai écrit en anglais ce jour-là, parfois j’écris en anglais je ne sais pas pourquoi… écrire en anglais fonctionne pour moi comme une sonde, une sorte d’écriture automatique….

I wasted yesterday… i could not see very well what was happening because of my sickness
I wasted and it is a real shame…
Today i feel so frustrated…
When i am in bozar
So many desires surround…
I do not know how to manage all that
So many things to handle
So many desires i want to fill
And i am drawn between all these desires
I have to make a choice
A radical choice

pour la première fois, j’ai raté un événement du festival; la soirée littéraire… peut-être à cause de la maladie, peut-être car je voulais prendre un peu de distance… 

Jinhonje: memorial gut (3)

Posted in Uncategorized by nananono on Nov 11th, 2008
Le Choomogut est une cérémonie qui permet d’entrer en communication avec l’au-delà et de rétablir l’équilibre entre l’homme et la nature.    

Concernant le gut en général, je me suis posée des questions sur l’aspect représentatif très mixte de ces cérémonies.  J’ai lu quelques détails intéressants dans un livre d’anthropologie coréenne (édité par le Korean National Commission for UNESCO) et il semble que la cérémonie chamane comme le gut ou la pudakkeori, le salpuri ou le sonbibim (qui sont des cérémonies de guérison) a deux aspects qui sont le rituel et la performance dramatique. Le gut, dans la mesure où il est rituel qui invoque et divertit les dieux, peut être considéré comme une forme de nori (jeu).  Comme tous les éléments de la performance sont “ritualisés”, le gut est à la fois cérémonie, rituel, et théâtre. 

Le 1er novembre, jour des morts en Belgique, la chamane Kim-Kum-Hwa a “préparé” un rituel hybride, composé de différents geori, afin de guider les esprits des défunts belges vers l’au-delà. La première partie s’intitulait “Jinhonje”.
“La partie  Jinhonje, memorial GUT, servait à consoler les esprits morts et de les aider à aller vers une place heureuse pour vivre dans le confort et pour l’éternité. Dans cette partie, on priera pour la prospérité et la bonne santé des descendants. Ce gut, réalisé dans l’année de  la mort d’une personne est appelé Jinjinogi GUT, il est d’habitude réalisé pour Samoje. Cependant, aucun autre gut (rituel) ne peut être effectué pendant trois ans (jusqu’à la fin de la période de deuil) car il y a une croyance que le défunt puisse emporter la richesse.” 
 

La deuxième partie: “Mansudaetak” s’est déroulée ensuite, le “Mansudaetak GUT” a été réalisé pour prier la longévité et la santé des personnes âgées et un bon voyage vers l’au-delà pour les défunts. (traduit de l’anglais, du texte distribué au public)

Malheureusement je n’ai pas bien suivi cette partie, la fièvre eut bien raison de moi et surtout de mes choix de filmage… j’ai donc tourné en rond un bon moment… puis je suis revenue pour filmer la fin du rituel. je vous poste ça prochainement. 

le “gut”: cérémonie chamane (2)

Posted in notes by nananono on Nov 11th, 2008

« L’espace rituel se confond toujours avec un espace scénique de représentation.

Il existe de nombreux rituels. Ils sont de deux types : l’un pour conduire l’âme des morts dans un bon lieu et l’autre : le bonheur des vivants. Ces rituels sont appelés « gut » et sont de durée et d’ampleur variable. Ils se structurent toujours en « geori », qui constituent autant d’actes ritualisés de la séance. Le « gut » est séparé en 12 « geori » en général.

La chamane manie plusieurs répertoires dansés et chantés et manie une série d’accessoires aux fonctions très précises parmi lesquels il y a les éventails et les « sonail ? » , l’éventail rythme la représentation, permet de communiquer avec les musiciens, le « sonail ? » permet de communiquer avec les esprits. La fourche, les couteaux tranchants sont des objets qui confèrent une violence au rituel. Possédée par l’esprit, la chamane utilise ces objets dangereux pour montrer à l’assemblée qu’elle est passée ailleurs dans un dimension d’invulnérabilité, surnaturelle.

 

La musique joue un rôle : jing (le grand gong) résonne presque continuellement , le janggo (tambour-sablie) passe de l’accompagnement subtil au rythme frénétique, le piri (haut-bois) est également un élément musical incontournable de ce rituel. L’ensemble contribue à maintenir une densité dramatique tout au long des phases du rituel ; rites de purification, invocation des esprits, invocation des généraux mythiques, rites de passage de l’âme.  Les musiciens ainsi que toutes les personnes qui vont se présenter autour de la « mudang », sont reliés par des liens spirituels. La « mudang » est la mère spirituelle.

Sur l’hôtel, il y a fruits, riz, morceaux de viande, alcool, encens, argent, autant de symboles de prospérité et d’offrandes aux esprits. Le moment où le cochon reste planté sur une fourche en équilibre correspond à cet instant où les esprits invoqués acceptent ces offrandes. 

Il existe deux familles d’esprits auxquels s’adressent les chamanes : les humains et les créatures divinisées d’une part, les esprits errants d’autre part. Les esprits des humains divinisés sont encore répartis entre ceux plutôt célestes, végétaliens et buveurs d’eau et les autres, terrestres, carnivores et buveurs d’alcool. Trône en bonne place, « san-chin », la montagne, qui est à la jonction des ces mondes végétaliens et carnivores.

La chamane dispose d’une multitude de formes qu’elle peut agencer en fonction des circonstances. En ce jour des morts, la grande mudang Kim Keum Hwa, a voulu réaliser un rituel qui rend hommage aux défunts tout en apportant réconfort à leurs descendants. Il va se dérouler comme suit : les mauvais esprits, les esprits errants vont être chassés, le lieu du rituel sera purifié par la musique. Il y aura les rites pour les dieux carnivores, les officiers ministériels donneurs de richesse, jusqu’au fameux et spectaculaire rite « Jakdu Geori”, oracle, pour le bonheur des participants.


(rushes du 0111)

Kim Keum Hwa est née en 1931 dans la province de l’ouest, chamane nationale, elle fut initiée à l’âge de 17 ans. En 1984, elle a été désignée « trésor national intangible n°82 ». «

Fragments de la présentation par Jacques-Yves Le Docte au bozar, éléments retranscrits sur base de mes rushes du 0111.

le chamanisme coréen (1)

Posted in notes by nananono on Nov 9th, 2008

Voici un petit résumé que j’ai fait sur le chamanisme, son origine et dans un futur post, ses restes dans la culture coréenne actuelle.

 La « religion » la plus ancienne de Corée, comme dans d’autres pays d’Asie, est le chamanisme. Il ne s’agit pas d’une religion à proprement parler car il ne possède pas de référence ou de contenu théologique. Il s’agit plutôt d’un « système de croyance qui donne le sens et la signification à la réalité ultime de l’existence humaine aux croyants ».

Ces croyances dans le chamanisme et dans la nature, arrivées en Corée avec les premiers migrants altaïques venant d’Asie centrale (la Sibérie et la Mongolie) vers 5000 ans avant JC, creusent les racines les plus anciennes de l’âme coréenne.

Le chamanisme, a tantôt inspiré respect tantôt mépris à son égard au fil des siècles et s’est affronté aux différentes religions qui s’installent en Corée : le bouddhisme, religion ésotérique hautement élaborée et structurée, qui, arrivée de Chine en 372, en fait son ennemi ; le confucianisme qui domine en 1392 durant cinq siècles, - le chamanisme s’allie alors au bouddhisme contre lui - ; le taoïsme, et au 20e siècle, le christianisme.

Il y a eu en Corée une interpénétration de tous ces crédo, perméables les uns aux autres et s’influençant mutuellement ; ils ont profondément marqué la vie spirituelle, sociale, culturelle, philosophique et politique des Coréens, ainsi que leur vie quotidienne, en évoluant bien sûr avec l’histoire du pays. Il faut re-souligner le fait que ces doctrines, représentant les valeurs morales asiatiques, n’étaient pas vraiment, à l’origine, des religions, du moins au sens occidental du terme. En effet, elles ne contenaient pas la notion d’un Dieu tout puissant créateur de l’univers (cosmogonie).

A ses débuts, le chamanisme était à même de donner une explication cosmologique du lien tissé entre les trois mondes liés les uns aux autres : le monde céleste, le monde des morts et le monde d’ici-bas. Ce lien est symbolisé par la montagne et la rivière, lieux qui font l’objet d’une célébration spécifique dans les pratiques des chamans. C’est en s’appuyant sur cette théorie que le pouvoir politique tira sa légitimité à travers des mythes constitutifs de la fondation des dynasties. (Chumong, fondateur du royaume de Koguryo serait né, selon la légende, d’une union du fils du dieu céleste et de la fille de la divinité de l’eau)

Parallèlement, le chamanisme s’est transformé en moyen d’implorer des divinités  telles la santé, la longue vie, la fortune et le bonheur des membres de la famille. Cette dimension s’est fortement développée et fait l’objet de cultes spécifique pour le sol, la maison, la naissance, les céréales, la fortune et le famille, la longévité, la cuisine et la nourriture, la récolte, etc.

De nos jours, les mudang, chamans, sont invitées chez les gens à organiser le gut : la séance ou cérémonie, afin de présenter une prière. Le chamanisme s’est fortement développé chez les femmes, car il était admis qu’en cas de problème de payement des services d’une mudang, le membre féminin le plus âgé d’une famille pouvait assumer cette tâche. Le but du gut est d’apaiser les esprits en leur faisant plaisir, donc en leur donnant à manger, à boire, en leur offrant danses et chants.

Il existe deux sortes de mudang : des chamanes « héréditaires », qui sont les héritières d’un savoir, qui veillent au respect des traditions : il en reste deux cents ; et des chamanes charismatiques, au nombre de deux cent mille environ, qui ont un jour connu la « maladie chamanique », qui serait un événement annonciateur de leur « don ».

 

Sources : « Eléments du code culturel coréen », Etudes des religions et des cultes de la Corée ancienne, Yoo Junghwan et du résumé de la conférence qui a eu lieu à Paris, sur le Pansori voir http://jelct.blogspot.com/2007/06/pansori.html

 

fragments du 3110

Posted in notes by nananono on Nov 7th, 2008

3110
16H30
Je reviens des bozar
Crevée non
malade

Je sens aujourd’hui que ce que j’ai mis en place, mes petites choses, faire la carte de visite, prendre des cours de conversation pour me présenter en coréen, tout cela a un peu ouvert la communication… tout cela fait que j’ai un peu plus confiance en moi….

Ce matin comme d’habitude, dans le grand hall quand j’arrive il y a des « coréens », ils sont encore un groupe « inconnu », « indissociable », les « coréens »…

J’ai besoin d’un moment avant de savoir quoi faire…. Je prends malgré tout ma caméra immédiatement en main car elle me donne une sorte de légitimité… quand j’arrive, il y a toujours un moment de doute…

Il y a des moines bouddistes dans le hall d’entrée, vêtus de vêtements gris… et un autre groupe de gens à l’allure très différente dans le Hall Horta (j’apprends plus tard qu’ils sont originaires du sud ouest de la Corée, et qu’ils s’occupent du rituel chamane Choomogut).

Je demande à K ce que font les moines, est-ce qu’ils rentrent à l’hotel ? elle me dit qu’il n’y a rien qui se passe ici, mais que je peux les suivre … j’hésite puis je sors pour voir ce qu’ils font, ils me saluent, je les salue… puis je demande où ils vont…

un monsieur me dit quelque chose qu’ils vont ailleurs et je comprends que je ne dois pas les suivre, ou peut-être que je comprends mal…

Je les suis et je ne vais pas le regretter… je me mets à dire tout ce que j’ai appris la veille au cours avec H… ils me parlent, à un moment je ne sais plus, un monsieur me donne sa carte, c’est le photographe qui accompagne le groupe… je parle je parle et à un moment je me mets à distribuer ma carte comme si c’était un petit pain

On va vers la grand place pour vérifier le parcours de la parade du lendemain, au retour de la grand place je monte dans le bus, dans le bus j’ai des sueurs

Mais je ris
Je ris beaucoup

H travaille comme volontaire au bozar mais elle a accepté de m’aider comme intemédiaire entre les « coréens » et moi… c’est comique les situations qu’on a car elle parle peu l’anglais et encore moins le français. Quand elle me traduit ce qu’une personne dit je comprends à moitié… mais tout va bien, je suis contente c’est ça le principal.

Aujourd’hui j’ai souvent demandé aux coréens de prendre la caméra, comme ça, naturellement, comme si c’était un passage…. entre nous…

Pour la première fois, grâce à H j’ai eu une conversation de plus de 20 secondes avec quelqu’un !… il est paksu, il s’appelle Kim Dong Ho, « paksu » c’est l’homme chamane (la femme, plus connue, est « mudang »).

F vient m’embrasser pour me dire bonjour. C’est la première fois. Un peu confuse, je le remercie pour H car j’ai demandé qu’elle soit payée pour demain et il me dit il y a pas de quoi. Il me donne des cartes de visite en me disant que si quelqu’un au bozar ne me croit pas que je suis là avec permission je peux donner sa carte…

Je trouve ça sympa et je me demande tout de suite ce que ça cache…

preparation du Choomogut

Posted in Uncategorized by nananono on Nov 6th, 2008

 

(rushes du 3110)

A propos de ce que je vais filmer le 3110 et le 0111
Du shamanisme, du bouddhisme
que reste t il actuellement de tout ça en Corée ?
dans la vie de tous les jours ?
comment je vois ça à l’image
c’est ce que je vais chercher en suivant les coréens, ces coréens-là (des moines, des chamanes)
je vais essayer de capturer comment se traduit ce « fondement » de la culture coréenne à travers leurs relations
filmer donc eux
quoi ?
comment se parlent-ils ?
marques de respect ?
respect à table ?
non, chercher à travers leurs relations, attitudes, façons d’être
ce qui reste
interroger la religion
le rituel
le quotidien
essayer donc de me rattacher à quelqu’un pour filmer au mieux son quotidien, ses petits gestes…

Drama series

Posted in Uncategorized by nananono on Nov 5th, 2008

A l’exposition “métamorphoses”, toujours plus questionnante devant des oeuvres video, Yaniv et moi, nous sommes restés plantés un bon moment devant les “Drama series” de OH Yong-Seok.

Ces projections sont des écrans constitués de fragments d’images fixes (photos) plus petites et de morceaux d’images de films… mon regard a été attiré par ces paysages déserts, muets, ce ciel très grand, cette lune immense qui bouffe le cadre dans un autre plan, un cerf-volant qui bouge dans un coin, lui seul bouge… plusieurs temps se “superposent”… les temps perçus par moi en train de regarder, le temps de Hana-bi (que j’ai identifié) lorsque le couple est assis face à la mer (à la fin du long métrage), le temps qui reste figé pour ce bout de nuage… avant de reconnaitre Hana-bi, je l’ai perçu comme un document, comme des scènes de vacances d’un autre temps…

 

(Yong-seok Oh: Drama No. 3, 2004-2005 - photo prise sur le site http://hosting.zkm.de)

je regarde mes rushes depuis lundi car je suis à la maison avec des courbatures partout… je revois l’arrivée du national orchestra, j’essaie d’extraire mon regard de “l’événement” et je me demande pourquoi cette arrivée de coréens à l’aéroport m’attire tant… je me rends compte que je perçois ce moment comme un “film”, une fiction, hors de ma  réalité… je ne sais pas pourquoi… 

nathalie?

Posted in notes by nananono on Nov 5th, 2008

dans le bus, un des moines bouddhistes me demande d’écrire quelque chose…
je lui donne ma caméra et je lui écris mon nom…
mais ce n’est pas cela qu’il voulait!…

(rushes du 3110)

stratégie 1: ma carte de visite

Posted in notes by nananono on Nov 5th, 2008

voici la carte de visite que j’ai réalisée spécialement pour ce projet…
elle me permet de m’introduire auprès des personnes que je rencontre en filmant…
et j’avoue que vendredi passé j’en ai distribué comme des petits pains…

retour de Paris…

Posted in notes by nananono on Oct 28th, 2008

du 28 octobre

Ce weekend à Paris, même sensation de « retrouver » quelque chose… on est allés Yaniv et moi voir l’exposition « métamorphoses » à l’Espace Louis Vuitton (exposition d’art contemporain coréen), puis le lendemain j’ai photocopié le maximum de documents que je pouvais au Centre culturel coréen et on a enchaîné avec un bon petit resto… coréen…

Je me faisais la remarque quand nous quittions Paris
« je ressens à Paris toujours la même chose… c’est une sensation propre à cette ville et je n’arrive pas à la changer… »
c’est comme à Edimbourg, à chaque fois que j’y suis, j’ai une une sensation propre à cette ville, qui mue dans le temps de façon identique: un grand soulagement, une grande liberté suivi d’un grand stress, d’une angoisse profonde.

quand au « festival »
qu’est ce que j’y ressens ?
et de la Corée, qu’est-ce que je ressens ?

(photo de l’installation de Do Ho Suh- du site www.artscape.fr)

 

L’espace Louis Vuitton accueille «Métamorphoses, Trajectoires coréennes» du 1er octobre au 31 décembre 2008

“Cette exposition tourne autour de l’art contemporain coréen avec neuf artistes connus à l’internationale dont Do ho Suh, qui nous apporte son oeuvre “Cause & Effect” et Hyungkoo Lee avec ses séries des squelettes des dessins-animé célèbre comme Bugs Bunny, ainsi que d’autres oeuvres qu’il conçoit spécialement pour Métamorphoses.

En 1988, les JO de Séoul et l’élection d’un président au suffrage universel, transforment radicalement le visage de la Corée. Vingt ans plus tard, en 2008 : miracle économique, révolution technologique, laboratoire cybernétique, le pays du matin calme est connecté, ouvert sur le monde. Il se métamorphose et les artistes en sont l’incarnation.”