Voici un petit résumé que j’ai fait sur le chamanisme, son origine et dans un futur post, ses restes dans la culture coréenne actuelle.
La « religion » la plus ancienne de Corée, comme dans d’autres pays d’Asie, est le chamanisme. Il ne s’agit pas d’une religion à proprement parler car il ne possède pas de référence ou de contenu théologique. Il s’agit plutôt d’un « système de croyance qui donne le sens et la signification à la réalité ultime de l’existence humaine aux croyants ».
Ces croyances dans le chamanisme et dans la nature, arrivées en Corée avec les premiers migrants altaïques venant d’Asie centrale (la Sibérie et la Mongolie) vers 5000 ans avant JC, creusent les racines les plus anciennes de l’âme coréenne.
Le chamanisme, a tantôt inspiré respect tantôt mépris à son égard au fil des siècles et s’est affronté aux différentes religions qui s’installent en Corée : le bouddhisme, religion ésotérique hautement élaborée et structurée, qui, arrivée de Chine en 372, en fait son ennemi ; le confucianisme qui domine en 1392 durant cinq siècles, - le chamanisme s’allie alors au bouddhisme contre lui - ; le taoïsme, et au 20e siècle, le christianisme.
Il y a eu en Corée une interpénétration de tous ces crédo, perméables les uns aux autres et s’influençant mutuellement ; ils ont profondément marqué la vie spirituelle, sociale, culturelle, philosophique et politique des Coréens, ainsi que leur vie quotidienne, en évoluant bien sûr avec l’histoire du pays. Il faut re-souligner le fait que ces doctrines, représentant les valeurs morales asiatiques, n’étaient pas vraiment, à l’origine, des religions, du moins au sens occidental du terme. En effet, elles ne contenaient pas la notion d’un Dieu tout puissant créateur de l’univers (cosmogonie).
A ses débuts, le chamanisme était à même de donner une explication cosmologique du lien tissé entre les trois mondes liés les uns aux autres : le monde céleste, le monde des morts et le monde d’ici-bas. Ce lien est symbolisé par la montagne et la rivière, lieux qui font l’objet d’une célébration spécifique dans les pratiques des chamans. C’est en s’appuyant sur cette théorie que le pouvoir politique tira sa légitimité à travers des mythes constitutifs de la fondation des dynasties. (Chumong, fondateur du royaume de Koguryo serait né, selon la légende, d’une union du fils du dieu céleste et de la fille de la divinité de l’eau)
Parallèlement, le chamanisme s’est transformé en moyen d’implorer des divinités telles la santé, la longue vie, la fortune et le bonheur des membres de la famille. Cette dimension s’est fortement développée et fait l’objet de cultes spécifique pour le sol, la maison, la naissance, les céréales, la fortune et le famille, la longévité, la cuisine et la nourriture, la récolte, etc.
De nos jours, les mudang, chamans, sont invitées chez les gens à organiser le gut : la séance ou cérémonie, afin de présenter une prière. Le chamanisme s’est fortement développé chez les femmes, car il était admis qu’en cas de problème de payement des services d’une mudang, le membre féminin le plus âgé d’une famille pouvait assumer cette tâche. Le but du gut est d’apaiser les esprits en leur faisant plaisir, donc en leur donnant à manger, à boire, en leur offrant danses et chants.
Il existe deux sortes de mudang : des chamanes « héréditaires », qui sont les héritières d’un savoir, qui veillent au respect des traditions : il en reste deux cents ; et des chamanes charismatiques, au nombre de deux cent mille environ, qui ont un jour connu la « maladie chamanique », qui serait un événement annonciateur de leur « don ».
Sources : « Eléments du code culturel coréen », Etudes des religions et des cultes de la Corée ancienne, Yoo Junghwan et du résumé de la conférence qui a eu lieu à Paris, sur le Pansori voir http://jelct.blogspot.com/2007/06/pansori.html