Posted in Uncategorized by nananono on Nov 11th, 2008
Le Choomogut est une cérémonie qui permet d’entrer en communication avec l’au-delà et de rétablir l’équilibre entre l’homme et la nature.
Concernant le gut en général, je me suis posée des questions sur l’aspect représentatif très mixte de ces cérémonies. J’ai lu quelques détails intéressants dans un livre d’anthropologie coréenne (édité par le Korean National Commission for UNESCO) et il semble que la cérémonie chamane comme le gut ou la pudakkeori, le salpuri ou le sonbibim (qui sont des cérémonies de guérison) a deux aspects qui sont le rituel et la performance dramatique. Le gut, dans la mesure où il est rituel qui invoque et divertit les dieux, peut être considéré comme une forme de nori (jeu). Comme tous les éléments de la performance sont “ritualisés”, le gut est à la fois cérémonie, rituel, et théâtre.
Le 1er novembre, jour des morts en Belgique, la chamane Kim-Kum-Hwa a “préparé” un rituel hybride, composé de différents geori, afin de guider les esprits des défunts belges vers l’au-delà. La première partie s’intitulait “Jinhonje”.
“La partie Jinhonje, memorial GUT, servait à consoler les esprits morts et de les aider à aller vers une place heureuse pour vivre dans le confort et pour l’éternité. Dans cette partie, on priera pour la prospérité et la bonne santé des descendants. Ce gut, réalisé dans l’année de la mort d’une personne est appelé Jinjinogi GUT, il est d’habitude réalisé pour Samoje. Cependant, aucun autre gut (rituel) ne peut être effectué pendant trois ans (jusqu’à la fin de la période de deuil) car il y a une croyance que le défunt puisse emporter la richesse.”
La deuxième partie: “Mansudaetak” s’est déroulée ensuite, le “Mansudaetak GUT” a été réalisé pour prier la longévité et la santé des personnes âgées et un bon voyage vers l’au-delà pour les défunts. (traduit de l’anglais, du texte distribué au public)
Malheureusement je n’ai pas bien suivi cette partie, la fièvre eut bien raison de moi et surtout de mes choix de filmage… j’ai donc tourné en rond un bon moment… puis je suis revenue pour filmer la fin du rituel. je vous poste ça prochainement.
Posted in Uncategorized by nananono on Nov 6th, 2008
(rushes du 3110)
A propos de ce que je vais filmer le 3110 et le 0111
Du shamanisme, du bouddhisme
que reste t il actuellement de tout ça en Corée ?
dans la vie de tous les jours ?
comment je vois ça à l’image
c’est ce que je vais chercher en suivant les coréens, ces coréens-là (des moines, des chamanes)
je vais essayer de capturer comment se traduit ce « fondement » de la culture coréenne à travers leurs relations
filmer donc eux
quoi ?
comment se parlent-ils ?
marques de respect ?
respect à table ?
non, chercher à travers leurs relations, attitudes, façons d’être
ce qui reste
interroger la religion
le rituel
le quotidien
essayer donc de me rattacher à quelqu’un pour filmer au mieux son quotidien, ses petits gestes…
Posted in Uncategorized by nananono on Nov 5th, 2008
A l’exposition “métamorphoses”, toujours plus questionnante devant des oeuvres video, Yaniv et moi, nous sommes restés plantés un bon moment devant les “Drama series” de OH Yong-Seok.
Ces projections sont des écrans constitués de fragments d’images fixes (photos) plus petites et de morceaux d’images de films… mon regard a été attiré par ces paysages déserts, muets, ce ciel très grand, cette lune immense qui bouffe le cadre dans un autre plan, un cerf-volant qui bouge dans un coin, lui seul bouge… plusieurs temps se “superposent”… les temps perçus par moi en train de regarder, le temps de Hana-bi (que j’ai identifié) lorsque le couple est assis face à la mer (à la fin du long métrage), le temps qui reste figé pour ce bout de nuage… avant de reconnaitre Hana-bi, je l’ai perçu comme un document, comme des scènes de vacances d’un autre temps…
(Yong-seok Oh: Drama No. 3, 2004-2005 - photo prise sur le site http://hosting.zkm.de)
je regarde mes rushes depuis lundi car je suis à la maison avec des courbatures partout… je revois l’arrivée du national orchestra, j’essaie d’extraire mon regard de “l’événement” et je me demande pourquoi cette arrivée de coréens à l’aéroport m’attire tant… je me rends compte que je perçois ce moment comme un “film”, une fiction, hors de ma réalité… je ne sais pas pourquoi…
J’essaie de faire quelques recherches sur le pansori, je cherche le texte de « Chunhyang », celui que j’ai entendu pour la première fois, et un extrait encore ce samedi… mais il semble qu’il soit très difficile de se le procurer…
Le Pansori est le premier art coréen que j’ai découvert en même tant que le film: « La chanteuse de Pansori », de Im Kwon Taek (Seopyeonje). Sorti en France en 1995, je l’ai découvert sur la rtbf en 1997….
Je me souviens de ce jour… J’étais dans mon kot à Bruxelles, avec mes amis, je regardais ce film par hasard, nous étions quatre ou cinq dans la pièce, assis ou debouts, ça devait être un samedi ou un dimanche en journée… je n’ai pas vu le début mais rapidement ce chant m’a pris les tripes… peu habituée à cela, je cachais mon trouble, jouant au yoyo silencieusement avec ma pomme d’adam… je ne voulais pas trahir mon émotion…
(extrait de La Chanteuse de pansori, Im Kwon Taek, 112min, 1993)
Voyons ce que nous dit wikipedia sur le pansori :
« Le pansori est classé “Patrimoine oral et immatériel de l’humanité” par l’UNESCO.
Cette “Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » a été octroyée pour la première fois en 2001… Une nouvelle liste est établie tous les deux ans par un jury international. Les chefs-d’œuvre proposés doivent être une expression culturelle vivante ou menacée. Ils doivent aussi faire l’objet de programmes de préservation et de promotion, le fait d’être inscrit sur la liste de l’UNESCO n’étant pas une garantie absolue de protection.
En 2003, le jury a examiné 56 candidatures, vingt-huit chefs-d’œuvre ont été proclamés (2 en Afrique, 11 en Asie, 4 en Europe, 3 dans les pays arabes, 6 en Amérique latine et les caraïbes et 2 multinationaux) :
Dont la Belgique : le Carnaval de Binche et la République de Corée : les chants épiques Pansori. »
Ici ce que nous dit l’Unesco :
« Proclamation 2003: “Les chants épiques Pansori”
Le pansori est une forme d’art dramatique musical exécutée par un chanteur accompagné d’un tambour. Cette tradition populaire, qui se distingue par son chant expressif, son discours stylisé, son répertoire de récits et sa gestuelle, embrasse à la fois la culture des élites et celle du peuple. Accompagné d’un seul tambour, le chanteur (homme ou femme) improvise, parfois huit heures durant, sur des textes mêlant expressions littéraires érudites et dialecte rural.
Le terme pansori vient des mots coréens pan qui signifie « endroit où les gens se rassemblent » et sori, « chant ». Le pansori apparaît au dix-septième siècle dans le sud-ouest de la Corée, probablement comme une nouvelle expression des chants narratifs des chamans. Tradition orale perpétuée par le peuple jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, il s’enrichit ensuite d’un contenu littéraire plus sophistiqué, gagnant ainsi les faveurs des élites urbaines. Les actions, les personnages et les situations mis en scène plongent leurs racines dans la Corée de la dynastie de Chosen (1392-1910). Pour acquérir la maîtrise des nombreux timbres vocaux et mémoriser le répertoire complexe, les chanteurs doivent se soumettre à un long et rigoureux entraînement. De nombreux virtuoses ont élaboré leur propre style d’interprétation et sont renommés pour leur manière particulière de déclamer certains épisodes.
Menacé de disparition dans le contexte de modernisation accélérée que connaît la Corée, le pansori a été proclamé « Bien culturel immatériel national » en 1964. Cette mesure a suscité un soutien institutionnel généreux qui a permis le renouveau de la tradition. Si le pansori reste l’un des genres préférés parmi les arts traditionnels du spectacle, il a
perdu beaucoup de son caractère spontané originel. Comble de l’ironie, cette évolution récente est la conséquence directe des efforts de conservation, l’improvisation tendant à être reléguée au second plan avec l’essor du répertoire écrit. En fait, peu de chanteurs sont encore capables d’improviser et le public est moins sensible à la créativité spontanée et à la langue du pansori traditionnel. »
(interviewextrait avec Mr Kang Jung Yeul, gayageum&chant pansori, s’exprimant sur le pansori, “talent de transmission national”- fait au bozar 18102008)
sur la disparition du pansori…
(morceaux choisis d’entretien avec Patrick Maurus, Spécialite de la langue et de la culture coréenne)
“le pansori est aujourd’hui un genre quasi éteint. Ce que je suis le premier à déplorer. On peut y avoir accès, et c’est tant mieux, via le cinéma, mais ceci amplifie cela. C’est une réduction du format pansori aux contraintes de la culture de masse. L’équivalent occidental approximatif seraient des ténors poussant la chansonnette (c’est-à-dire une série de brefs extraits d’opéras) avec le son de la télévision. Des gens qui donnent raison à Bourdieu, qui ne voient dans la culture populaire qu’une culture bourgeoise dégradée.
Cela répond un petit peu à la question : « que reste-t-il du pansori ? » Un jeune Coréen d’aujourd’hui n’en aura certainement jamais vu en version traditionnelle. Mais il importe d’avoir une vue historique et non passéiste. En commençant par dire qu’il n’y a jamais eu de forme stable, je dirai “par définition”. C’est peut-être même là l’intérêt principal de cette forme artistique ; pas de stabilité de la forme, pas de stabilité de la représentation non plus. Hétérogénéité il y a, de toute façon, dans les styles de pansori. Le style de l’ouest (nord-ouest de la province du Chôlla), dans lequel se distinguait Song Hûngnok, en employant beaucoup de graves, avec des chants brefs, est différent du style de l’est (celui dont il est question dans La Chanteuse de Pansori et qui correspond en vérité plutôt au sud du Chôlla), illustré par Pak Yujôn. L’emploi de tons mineurs et de longues vocalises est typique du style du centre (province du Chungchông), sur lequel Kim Sôngok a laissé son empreinte. Tout cela ne couvrait en fait qu’un assez petit territoire, ce qui aide peut-être à comprendre la minceur du répertoire.
Où étaient interprétés les pansori ?
Toutes les peintures anciennes montrent le chanteur (plutôt un homme) avec son éventail, chantant debout devant son joueur de tambour et une table d’alcool. Taxez-moi de positiviste, mais la table d’alcool joue son rôle. On est en plein air, et une assistance choisie goûte à tout (musique, texte, alcool, femmes). Chanteur et percussionnistes occupent une seule et même natte. Le public commente ou scande, si l’on préfère, à sa façon, avec des « c’est bien ». D’une façon générale, le public coréen n’était pas silencieux, quel que fût le spectacle. Il faut sans doute considérer ensemble les conditions de la représentation et les particularités du pansori : le chanteur doit captiver son audience, renouveler sans cesse son intérêt. Quant on sait que le spectacle peut durer jusqu’à huit heures. On devine quels trésors de savoir-faire vocal sont exigés. L’existence de ces peintures datant du XVIIIe siècle pose d’ailleurs problème. On veut absolument, dans la grande vague ethno-nationaliste actuelle, en faire - le genre populaire par excellence. Les peintures montrent en fait des aristocrates. L’opposition public restreint / public large ne permet sans doute pas de penser le phénomène. Il faut sans doute remonter plus tôt, c’est-à-dire à des hypothèses plus incertaines encore. On croit savoir que les lieux publics, les marchés essentiellement, étaient parcourus de diverses sortes d’artistes, plus ou moins autonomes (d’une confession). On prête à ces kwangdae d’avoir représenté-joué-chanté des historiettes, soit du type de Chunhyang, soit les ancêtres de Chunhyang. En tout état de cause, il ne pouvait pas s’agir de représentations de huit heures. Places de marché ou nattes pour pique-nique d’aristocrates, il ne s’agissait jamais de scène surélevée comme au théâtre.
(…)
lisez tout sur
http://www.vacarme.eu.org/article1056.html
Sa force est de donner à voir un événement, dont on comprend le déroulement et son existence-même (car qu’est-ce qu’une réunion de raquetteurs au Canada ?) en regardant le film.
Le cinéaste est là où se trouve les gens c’est bien simple… ou non ce n’est pas si simple…
Etre parmi les gens, c’est leur faire face, c’est s’imposer quelque part en tant que personne qui demande quelque chose d’eux, qui les regarde bouger, parler, rire… c’est ne pas avoir peur de capter et de recevoir, c’est s’imposer dans un monde où l’on peut être accepté comme refusé… c’est le « monde du réel » auquel je fais face…
aujourd’hui j’avais cette phrase de Michel Brault, réalisateur du film avec Gilles Groux et un des pionniers du cinéma direct, en tête….
« Pour aller filmer les gens, pour aller parmi eux, avec eux, ils doivent savoir que nous sommes là, ils doivent accepter les conséquences de la présence de la caméra et ça nécessite l’utilisation d’un grand angulaire. La seule démarche légitime est celle qui sous-tend une sorte de contrat tacite entre les gens filmés et ceux qui filment, c’est-à-dire une acceptation mutuelle de la présence de l’autre. »
Les raquetteurs (1958) nb, 15 min.
Michel Brault
Gilles Groulx
disponible à la médiathèque
merci dominique pour cette découverte!