pansori (1) Comments (0)
J’essaie de faire quelques recherches sur le pansori, je cherche le texte de « Chunhyang », celui que j’ai entendu pour la première fois, et un extrait encore ce samedi… mais il semble qu’il soit très difficile de se le procurer…
Le Pansori est le premier art coréen que j’ai découvert en même tant que le film: « La chanteuse de Pansori », de Im Kwon Taek (Seopyeonje). Sorti en France en 1995, je l’ai découvert sur la rtbf en 1997….
Je me souviens de ce jour… J’étais dans mon kot à Bruxelles, avec mes amis, je regardais ce film par hasard, nous étions quatre ou cinq dans la pièce, assis ou debouts, ça devait être un samedi ou un dimanche en journée… je n’ai pas vu le début mais rapidement ce chant m’a pris les tripes… peu habituée à cela, je cachais mon trouble, jouant au yoyo silencieusement avec ma pomme d’adam… je ne voulais pas trahir mon émotion…
(extrait de La Chanteuse de pansori, Im Kwon Taek, 112min, 1993)
Voyons ce que nous dit wikipedia sur le pansori :
« Le pansori est classé “Patrimoine oral et immatériel de l’humanité” par l’UNESCO.
Cette “Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » a été octroyée pour la première fois en 2001… Une nouvelle liste est établie tous les deux ans par un jury international. Les chefs-d’œuvre proposés doivent être une expression culturelle vivante ou menacée. Ils doivent aussi faire l’objet de programmes de préservation et de promotion, le fait d’être inscrit sur la liste de l’UNESCO n’étant pas une garantie absolue de protection.
En 2003, le jury a examiné 56 candidatures, vingt-huit chefs-d’œuvre ont été proclamés (2 en Afrique, 11 en Asie, 4 en Europe, 3 dans les pays arabes, 6 en Amérique latine et les caraïbes et 2 multinationaux) :
Dont la Belgique : le Carnaval de Binche et la République de Corée : les chants épiques Pansori. »
Ici ce que nous dit l’Unesco :
« Proclamation 2003: “Les chants épiques Pansori”
Le pansori est une forme d’art dramatique musical exécutée par un chanteur accompagné d’un tambour. Cette tradition populaire, qui se distingue par son chant expressif, son discours stylisé, son répertoire de récits et sa gestuelle, embrasse à la fois la culture des élites et celle du peuple.
Accompagné d’un seul tambour, le chanteur (homme ou femme) improvise, parfois huit heures durant, sur des textes mêlant expressions littéraires érudites et dialecte rural.
Le terme pansori vient des mots coréens pan qui signifie « endroit où les gens se rassemblent » et sori, « chant ». Le pansori apparaît au dix-septième siècle dans le sud-ouest de la Corée, probablement comme une nouvelle expression des chants narratifs des chamans. Tradition orale perpétuée par le peuple jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, il s’enrichit ensuite d’un contenu littéraire plus sophistiqué, gagnant ainsi les faveurs des élites urbaines. Les actions, les personnages et les situations mis en scène plongent leurs racines dans la Corée de la dynastie de Chosen (1392-1910). Pour acquérir la maîtrise des nombreux timbres vocaux et mémoriser le répertoire complexe, les chanteurs doivent se soumettre à un long et rigoureux entraînement. De nombreux virtuoses ont élaboré leur propre style d’interprétation et sont renommés pour leur manière particulière de déclamer certains épisodes.
Menacé de disparition dans le contexte de modernisation accélérée que connaît la Corée, le pansori a été proclamé « Bien culturel immatériel national » en 1964. Cette mesure a suscité un soutien institutionnel généreux qui a permis le renouveau de la tradition. Si le pansori reste l’un des genres préférés parmi les arts traditionnels du spectacle, il a
perdu beaucoup de son caractère spontané originel. Comble de l’ironie, cette évolution récente est la conséquence directe des efforts de conservation, l’improvisation tendant à être reléguée au second plan avec l’essor du répertoire écrit. En fait, peu de chanteurs sont encore capables d’improviser et le public est moins sensible à la créativité spontanée et à la langue du pansori traditionnel. »
(interviewextrait avec Mr Kang Jung Yeul, gayageum&chant pansori, s’exprimant sur le pansori, “talent de transmission national”- fait au bozar 18102008)
sur la disparition du pansori…
(morceaux choisis d’entretien avec Patrick Maurus, Spécialite de la langue et de la culture coréenne)
“le pansori est aujourd’hui un genre quasi éteint. Ce que je suis le premier à déplorer. On peut y avoir accès, et c’est tant mieux, via le cinéma, mais ceci amplifie cela. C’est une réduction du format pansori aux contraintes de la culture de masse. L’équivalent occidental approximatif seraient des ténors poussant la chansonnette (c’est-à-dire une série de brefs extraits d’opéras) avec le son de la télévision. Des gens qui donnent raison à Bourdieu, qui ne voient dans la culture populaire qu’une culture bourgeoise dégradée.
Cela répond un petit peu à la question : « que reste-t-il du pansori ? » Un jeune Coréen d’aujourd’hui n’en aura certainement jamais vu en version traditionnelle. Mais il importe d’avoir une vue historique et non passéiste. En commençant par dire qu’il n’y a jamais eu de forme stable, je dirai “par définition”. C’est peut-être même là l’intérêt principal de cette forme artistique ; pas de stabilité de la forme, pas de stabilité de la représentation non plus. Hétérogénéité il y a, de toute façon, dans les styles de pansori. Le style de l’ouest (nord-ouest de la province du Chôlla), dans lequel se distinguait Song Hûngnok, en employant beaucoup de graves, avec des chants brefs, est différent du style de l’est (celui dont il est question dans La Chanteuse de Pansori et qui correspond en vérité plutôt au sud du Chôlla), illustré par Pak Yujôn. L’emploi de tons mineurs et de longues vocalises est typique du style du centre (province du Chungchông), sur lequel Kim Sôngok a laissé son empreinte. Tout cela ne couvrait en fait qu’un assez petit territoire, ce qui aide peut-être à comprendre la minceur du répertoire.
Où étaient interprétés les pansori ?
Toutes les peintures anciennes montrent le chanteur (plutôt un homme) avec son éventail, chantant debout devant son joueur de tambour et une table d’alcool. Taxez-moi de positiviste, mais la table d’alcool joue son rôle. On est en plein air, et une assistance choisie goûte à tout (musique, texte, alcool, femmes). Chanteur et percussionnistes occupent une seule et même natte. Le public commente ou scande, si l’on préfère, à sa façon, avec des « c’est bien ». D’une façon générale, le public coréen n’était pas silencieux, quel que fût le spectacle. Il faut sans doute considérer ensemble les conditions de la représentation et les particularités du pansori : le chanteur doit captiver son audience, renouveler sans cesse son intérêt. Quant on sait que le spectacle peut durer jusqu’à huit heures. On devine quels trésors de savoir-faire vocal sont exigés. L’existence de ces peintures datant du XVIIIe siècle pose d’ailleurs problème. On veut absolument, dans la grande vague ethno-nationaliste actuelle, en faire - le genre populaire par excellence. Les peintures montrent en fait des aristocrates. L’opposition public restreint / public large ne permet sans doute pas de penser le phénomène. Il faut sans doute remonter plus tôt, c’est-à-dire à des hypothèses plus incertaines encore. On croit savoir que les lieux publics, les marchés essentiellement, étaient parcourus de diverses sortes d’artistes, plus ou moins autonomes (d’une confession). On prête à ces kwangdae d’avoir représenté-joué-chanté des historiettes, soit du type de Chunhyang, soit les ancêtres de Chunhyang. En tout état de cause, il ne pouvait pas s’agir de représentations de huit heures. Places de marché ou nattes pour pique-nique d’aristocrates, il ne s’agissait jamais de scène surélevée comme au théâtre.
(…)
lisez tout sur
http://www.vacarme.eu.org/article1056.html








